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Cardinal de Lorraine

Description Historique

Le cardinal Charles de Lorraine (1524-1574) est un haut dignitaire religieux. Il joue un rôle important dans les guerres de religion, en s’opposant notamment à la politique de conciliation menée par Catherine de Médicis. Membre de la grande famille catholique des Guise, il œuvre pour la domination catholique et lutte contre ce qu’il perçoit comme l’hérésie protestante. Marie-Joseph Chénier le représente comme l’un des principaux responsables du massacre de la Saint-Barthélemy, notamment dans la scène où il bénit les poignards des catholiques assassins. En réalité, il n’est pas à Paris durant le massacre, mais à Rome. Chénier en fait le représentant des enjeux religieux du massacre, là où le duc de Guise porte les motivations politiques. Lorraine incarne le fanatisme religieux et l’ordre du clergé, que Chénier entend dénoncer à l’époque où il écrit, en 1787.

Point de vue de Chénier

“On doit remarquer dans le duc de Guise et dans le cardinal de Lorraine son oncle, un même esprit d’orgeuil et d’audace, mais diversement modifié, selon la différence de leur âge et de leur état. […] Le Cardinal […] désigné par Coligny d’une manière outrageante, fait semblant de lui pardonner. Le Cardinal, plus mûr et plus politique que son neveu, en alléguant les intérêts du ciel, s’oublie toujours lui-même en apparence. Il est aisé de comprendre que son zèle pour la religion n’est qu’un zèle hypocrite. Il abuse de l’écriture sainte et des usages les plus respectés de la religion catholique. Sa conduite est un sacrilège perpétuel.” (Chénier, Charles IX, “Discours préliminaire”)

Profil émotionnel

Le personnage dans la pièce

Quel est son objectif ?

Le Cardinal de Lorraine souhaite venger la mort de son frère par l’assassinat de Coligny qu’il qualifie “d’ennemi du trône”. Ultra-catholique, il s’oppose au protestantisme, ce “culte sacrilège” qu’il veut abolir.

Atteint-il son objectif ?

Il voit tous ses objectifs réalisés dans les deux derniers actes de la pièce avec l’assassinat de l’Amiral de Coligny et le massacre de la Saint-Barthélemy, dont il se rejouit.