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Amiral de Coligny

Description Historique

Chef du parti protestant, l’amiral Gaspard de Coligny est proche du roi en 1572 et il est l’ennemi déclaré de la famille Lorraine-Guise, qui l’accuse d’avoir commandité le meurtre du duc François de Guise en 1563. Le 22 août 1572, il est victime d’un attentat probablement orchestré par les Guise, peut-être soutenus par la couronne d’Espagne. Cet attentat manqué attise les tensions et précipite la décision de l’exécution des chefs protestants, dans la nuit du 24 août, lord de laquelle l’amiral est assassiné, puis défenestré, mutilé et pendu au gibet de Montfaucon. Chénier offre de Coligny un portrait entièrement positif et, dans la lignée de Voltaire, en fait un martyr de l’intolérance religieuse.

Point de vue de Chénier

“L’Amiral a ce caractère sombre et méfiant que forme la longue expérience du malheur. Sa haine contre les Guises est égale à leur haine contre lui ; mais son coeur magnanime ne peut soupçonner son roi. Dans les projets qu’il communique à Charles IX, projets qu’il avait en effet conçus, on doit voir un génie actif, étendu, véritablement patriotique, mais que des circonstances malheureuses ont rendu funeste à la France.” (Chénier, Charles IX, “Discours préliminaire”)

Profil émotionnel

Le personnage dans la pièce

Quel est son objectif ?

Coligny souhaite “détourner le torrent qui ravageait la France” en combattant contre l’Espagne de Philippe II, soutien de la Ligue catholique, et présente au roi cette guerre comme un acte de vengeance. Il envisage aussi une expansion commerciale en Amérique comme gage de prospérité universelle : “Le besoin de commerce enfantera la paix”.

Atteint-il son objectif ?

Première victime de la Saint-Barthélemy, disparaissant de la pièce à la fin de l’acte IV, Coligny a échoué à persuader le roi qui est sous l’emprise de sa mère machiavélienne et des Guise catholiques. Charles IX le trompe à deux reprises, à l’acte II puis à l’acte IV quand, dans un coup de théâtre, l’Amiral accuse les Guise de calomnie à son sujet – en vain.