Sélectionner une page

Michel de L’Hôpital

Description Historique

Michel de L’Hôpital, né entre 1503 et 1507, devient chancelier de France en 1560. Symbole de tolérance, il soutient la politique de pacification menée par le pouvoir royal lors des guerres de religion. Comme Chénier le souligne dans son “Discours préliminaire” à Charles IX, Michel de L’Hôpital avait quitté la cour depuis quatre ans lors de la Saint-Barthélemy, mais l’auteur se permet “d’altérer légèrement l’histoire” en le plaçant aux côtés du roi en 1572. Cela lui permet, d’une part, de renforcer le clan de la tolérance dans la pièce et, d’autre part, d’introduire sur la scène une figure qui renvoie, pour le spectateur de 1789, au ministre Necker.

Point de vue de Chénier

“Le chancelier de L’Hôpital est éminement vertueux. Il dit hardiment la vérité. Ami des bons, ennemi des méchants, mais lent à les soupçonner, il voudrait concilier tous les partis. Il tient en quelque sorte la place du chœur des Grecs. Sa vertu, son génie, sa vieillesse, donnent un grand poids à son autorité. Dans ses discours, quelquefois pleins de véhémence, et toujours pleins de sagesse, il rappelle à ceux qui l’écoutent l’hstoire des temps passés. Il a les mœurs d’un vieillard homme d’État et homme de lettres.” (Chénier, Charles IX, “Discours préliminaire”)

Profil émotionnel

Le personnage dans la pièce

Quel est son objectif ?

Le but du Chancelier de L’Hôpital est de maintenir la paix fragile entre les Catholiques et les Protestants qui vient d’être initiée par le mariage de Marguerite de Valois et de Henri de Navarre. Il défend par ailleurs le modèle d’une monarchie constitutionnelle qui garantit la liberté du peuple, avec, au sommet, un monarque éclairé qui doit obéir aux lois. Il va devoir pour cela convaincre Charles IX de ne pas s’attaquer aux Protestants.

Atteint-il son objectif ?

Si le Chancelier semble atteindre son objectif lorsque, à la fin de l’acte III, il convainc Charles IX de ne pas ordonner le massacre, le début de l’acte IV révèle que la Reine-Mère a réussi à retourner l’opinion de son fils. Trop aveuglé par son rêve de paix, il ne croit pas aux craintes exprimées par Coligny. Lorsque le massacre éclate, effaré par la tournure prise par les événements, il fait le choix de se retirer de la Cour après avoir donné ses derniers conseils à Henri de Navarre, futur roi de France.